Relais Vitesse-Collège-N1-Eric LLOBET

De Conservatoire EPS


Eric LLOBET - Collège Alain SAVARY - Istres - Année 2013


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Compétence propre 1 

Réaliser une performance motrice maximale mesurable à une échéance donnée


Compétence attendue en Course de Relais-vitesse, Niveau 1 :

Programme Collège : BO n°6 du 28 août 2008

  • Réaliser la meilleure performance possible dans un relais de 2 x 30 mètres en transmettant le témoin en déplacement, dans une zone imposée.
  • Tenir les rôles de donneur et de receveur. Assumer au sein d’un groupe restreint le rôle d’observateur.


Cette proposition de forme de pratique a donné lieu à la production d'un article:

Ghislain Hanula et Eric Llobet
«faire jouer au relais vitesse pour permettre d’apprendre: le 12’’»
Les cahiers du CEDREPS N°11, Edition AEEPS, 2011

Le contexte d’enseignement :

  • Collège de type 4 (4 /6, 6 étant la classification pour un établissement favorisé)
  • La classe : classe de 6° « classique », avec respect du critère scolaire : une « hétérogénéité gérable ». Au niveau moteur : une hétérogénéité des motifs d’agir et des niveaux de vitesse. Les filles éprouvant, en début de cycle, un sentiment d’incompétence en « sport »
  • Les installations : favorables. Utilisation de 4 couloirs de 90m avec des espaces de circulation sur les côtés de la piste


Le scénario au travers des différentes vidéos :

  • Jouer au relais vitesse :
    • toutes les situations proposées intègrent la notion de jeu comme un des moteurs de l’activité des élèves  (jeu de vitesse, jeu de confrontation contre sa vitesse potentielle, jeu de confrontation contre d’autres coureurs). Le jeu comme illustration du fondement de l’athlétisme, des valeurs inhérentes à l’activité : ici : performer en améliorant son record, performer contre d’autres. (sens anthropologique) Les situations proposées se fondent sur cette notion : les élèves sont constamment en activité de confrontation pour apprendre.
    • Les temps de course dans toutes les situations n’excèdent pas 8’’ (elles sont entre 3 et 7 secondes en majorité, près de 8’’ pour les élèves les plus rapides)
  • Un seul objet d’enseignement qui traverse toutes les situations :
    • Nous optons pour le choix d’un seul et unique objet d’enseignement qui traverse toutes les situations proposées : «  viser au moindre ralentissement du donneur coordonné au départ anticipé du receveur »
  • Le 12’’ plutôt que le 2 x 30m :
    • Une référence « distanciée » à la compétence attendue, comme pour mieux répondre aux attentes définies par les programmes et notamment les capacités énoncées dans les documents d’accompagnement.
    • Le choix du 12’’ : nous avions pour coutume de chronométrer le temps sur un 30m plat et un 30m départ lancé et additionner les temps de 2 coureurs pour obtenir un temps théorique auquel les élèves devaient s’approcher, en se transmettant un témoin. Outre la difficulté de calcul pour les élèves, les sollicitations incessantes pour savoir s’ils avaient été « bons » ou pas, ne manquaient pas de perturber le bon fonctionnement de la rotation des élèves, ne les renseignaient que de manière très abstraite sur leur degré de réussite, et ce sont les raisons qui nous ont poussé à choisir de mesurer l’espace franchi sur un temps, plutôt que le temps franchi sur une distance (30m)
    • Le deuxième argument de ce choix a été  de permettre aux élèves d’accéder directement à la connaissance des résultats, de manière claire accessible et adaptée.


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La forme de pratique du 12’’ :

  • Est accessible parce qu’elle est adaptée aux ressources des élèves
  • Motivante parce que ludique et chargée de sens pour les élèves (aller le plus loin possible en se rapprochant physiquement d’une cible plot et observateur)
  • Authentique parce que conforme à ce qui définit fondamentalement le relais vitesse

Porteuse de l’objet d’enseignement qui a été choisi « viser au moindre ralentissement du donneur coordonné au départ anticipé du receveur »

  • Emancipatrice parce que facilitant le développement chez le pratiquant de la connaissance de soi (ici la connaissance du résultat) dans l’action, source d’une plus grande autonomie


  • Les élèves sont organisés par triplette numérotés de 1 à 3 et portant une couleur par trio. Les triplettes sont organisées en séries de passage (de la série 1 à la série 4 ou 5)
  • But des élèves : courir le plus vite possible en se transmettant un témoin pour aller le plus loin possible et se rapprocher de sa « vitesse cible ». La vitesse cible étant le résultat de la moyenne de : la vitesse du donneur sur 6’’ départ arrêté + la vitesse du receveur sur 6’’ départ lancé. Par exemple le donneur court sur 6’’ départ arrêté à 22 km/h et le receveur court sur 6’’ départ lancé à 24 Km/h. leur vitesse cible sera alors de 23 Km/h. Le coureur observateur ira se placer au plot 23 Km/h et constatera l’écart entre la vitesse cible et la vitesse réalisée. Si la vitesse réalisé en 12’’ est de – 2 km/h les élèves sont en zone rouge. Si leur vitesse réalisée est de – 1 Km/h ils sont en zone verte. Si leur vitesse réalisée est égale à leur vitesse cible, c’est le bingo !


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Echauffement... des rituels pour apprendre'

Outre l’activation progressive cardio pulmonaire et les exercices pour développer une motricité spécifique, la relation donneur/receveur à travers « la chenille » est abordée afin de développer des connaissances 

  • « des repères liés à la transmission : le positionnement dans le couloir, le code de signal, la main du donneur ».
  • Les notions de départ debout, en fin d’échauffement (capacité)  « pour le donneur adopter une posture de départ debout permettant une mise en action rapide et maintenir sa vitesse maximale jusqu’à la transmission du témoin »

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Le chat et la souris

Afin de garantir la construction de marques fiables les situations sont construites pour que le donneur puisse constamment courir à vitesse maximale : le double match (donneur contre receveur et doublette contre doublette) élimine le problème potentiel de vitesses différentes produites par le donneur.

Les élèves ont un double match à effectuer : match 1, donneur contre receveur, match 2, doublette contre doublette

Les capacités abordées :

  •  « pour le receveur, adopter une posture de départ permettant une prise d’information vers l’arrière en même temps qu’une mise en action rapide et se mettre en action à vitesse maximum » ainsi que
  • « trouver la meilleure marque de passage pour coordonner les vitesses donneur/relayeur »

L’observateur dans la situation assure l’arbitrage et le réel départ du receveur à la marque

Capacité :

  • « communiquer à partir de critères précis observables pour réguler la prise de marque »


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Touche épaule

Même organisation, même situation que le chat et la souris mais ici nécessité de toucher l’épaule du receveur (nécessité pour le receveur de se faire toucher l’épaule), le donneur essayant de dépasser le receveur une fois l’épaule touchée. Le jeu s’effectue dans 2 couloirs distincts.

Capacité :

  •  « maitriser la direction de sa course dans le couloir à vitesse maximale »

Aborder les règles d’action pour les rendre efficaces, travail systématique à partir des résultats du match et du compte rendu de l’observateur : Si le donneur dépasse le receveur après lui avoir touché l’épaule : le receveur doit alors reculer ses marques. Si le receveur ne se fait pas toucher ou ralentit pour se faire toucher : le receveur doit alors rapprocher ses marques

Les capacités abordées :

  • « Trouver la meilleure marque de passage pour coordonner les vitesses donneur/receveur »
  •  « Pour le receveur, adopter une posture de départ permettant une prise d’information vers l’arrière en même temps qu’une mise en action rapide et se mettre

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Chat et souris avec témoin

C’est la même situation que les précédentes, en affinant, la distance donneur/receveur, et les prises de marque.


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Tournoi de relais inversé

Toutes les équipes se rencontrent, en partant, à l’envers de leur vitesse cible. Par exemple les noirs partent du plot 24 Km/h et les bleues du plot 19 Km/h. Le passage de témoin a lieu dans la zone de transmission, des plots fixes de marque sont installés en avant du début de la zone de transmission.

  • A l’arrivée, 3 zones sont installées
  • Si les 2 coureurs arrivent dans la même zone, le perdant obtient une « défaite accrochée »
  • Si le 1° receveur arrive et que le 2° coureur a 1 zone d’écart avec le vainqueur, la défaite est qualifiée de demi-rouste. S’il y a 2 zones d’écart la défaite est qualifiée de « rouste »
  • La victoire vaut 3 points, la défaite accrochée 2 points, la demi-rouste 1 point et la rouste 0 point.


Les différentes formes de pratique proposées ont été construites afin de dépasser des problèmes professionnels récurrents (un donneur qui ne court pas à la même vitesse et qui empêche le receveur à construire des marques fiables, la compétition qui met les élèves en activité de performance constante : donneur contre receveur et doublette contre doublette…).

Les intérêts de ces formes de pratique :

  • Elles sont accessibles parce qu’adaptées aux ressources de tous et toutes les élèves : Tout le monde court vraiment.
  • Elles sont motivantes parce que ludiques et chargée de sens pour les élèves (aller le plus loin possible en se rapprochant physiquement d’une cible plot et observateur, courir contre une doublette de même niveau, courir contre une doublette d’un niveau différent : le relais inversé )…une permanence de sens construit par les élèves
  • Elles sont authentiques parce que conformes à ce qui définit fondamentalement le relais vitesse : courir pour atteindre ou dépasser son record et en même temps courir contre d’autres athlètes
  • Elles ont porteuses de l’objet d’enseignement qui a été choisi « viser au moindre ralentissement du donneur coordonné au départ anticipé du receveur »
  • Elles sont émancipatrices parce que facilitant le développement chez les élèves de la connaissance de soi (ici la connaissance du résultat) dans l’action, source d’une plus grande autonomie
  • Elles sont organisatrices et permettent une activité authentique de l’observateur à partir d’indicateurs faciles à utiliser : les plots de départ du receveur, la vitesse atteinte matérialisé par des plots de vitesse, une rotation des élèves dans les espaces permettant de circuler de manière fluide et de répéter de manière conséquente les tentatives afin de s’améliorer, en fonction des indications données par les observateurs